Habiliter les élèves à agir pour les droits de la personne

Je m’appelle Omar et je suis chanceux d’être en vie. Et pas seulement en vie : en ce moment, la vie est belle. Je vis à Winnipeg, au Manitoba, avec mes parents, mes quatre frères et ma sœur. Je dirige une petite entreprise de peinture, je termine mes études secondaires et je songe à aller à l’université ou au collège.

Mais il y a quelques années, je ne savais pas si j’allais être vivant aujourd’hui.

Je suis né en Syrie, dans une ville appelée Al-Bab à la périphérie d’Alep, la capitale. En 2011, dans toute la Syrie, des gens comme moi sont descendus dans la rue pour protester pacifiquement et réclamer des réformes fondamentales de notre gouvernement et de notre société. Nous voulions avoir le droit de parler librement, sans être arrêtés par la police secrète du gouvernement et enlevés. Nous voulions avoir le droit de voter aux élections et que le gouvernement travaille pour nous plutôt que contre nous.

Dès mon plus jeune âge, je rassemblais des amis et nous allions aux manifestations ensemble après l’école. Nous n’étions que des enfants, mais nous savions que nous devions agir si nous voulions un avenir meilleur.

Bientôt, les protestations sont devenues tragiques. Comme vous le savez d’après les nouvelles, au cours des quelques années qui ont suivi, des centaines de milliers de personnes ont été tuées ou blessées lorsque les forces gouvernementales ont battu et abattu ceux et celles qui descendaient dans la rue pour exiger une vie meilleure pour leurs familles. Un garçon avec qui j’étais lors d’un rassemblement a été abattu juste devant moi. La vérité, c’est que s’il n’avait pas été là, la balle qui l’a tué m’aurait probablement touché.
Au fur et à mesure que la violence s’aggravait, ma famille a compris que nous devions quitter la Syrie.

En 2016, nous avons été acceptés ici au Canada comme réfugiés et notre vie a changé à jamais. Ici, je suis en sécurité quand je marche dans la rue. Je ne m’inquiète pas que le gouvernement commette des massacres. Ma famille est en sécurité. Je ne crains pas que quelqu’un vienne me chercher la nuit parce que j’ai dit ce que j’avais à dire sur Facebook ou parce que je suis allé à un rassemblement avec mes amis. Au Canada, nous pouvons imaginer un avenir pour nous-mêmes – un avenir qui comprend une éducation pour mes frères, ma sœur et moi.

Cette année, à l’école, j’ai participé à un programme conçu par le Musée canadien pour les droits de la personne, intitulé Revirement 180 : Orienter une injustice vers la justice. Avec mes camarades de classe, je suis venu au Musée et j’ai pris connaissance des droits de la personne. J’ai appris que nous avons tous et toutes le droit de dire ce que nous pensons, de vivre dans une société pacifique, de recevoir une éducation et de vivre sans craindre d’être persécutés ou même tués pour qui nous sommes ou pour ce que nous croyons. Ces choses que je voulais en Syrie étaient en fait des choses que je méritais. C’était un moment d’inspiration pour moi.

Donc, quand on a demandé aux élèves du programme de choisir un enjeu lié aux droits de la personne qui nous tenait à cœur et d’agir pour créer des changements constructifs, j’ai tout de suite pensé aux amis et à la famille que j’avais laissé derrière en Syrie. Je voulais faire quelque chose pour les aider, parce que même si nous étions en sécurité, tant d’autres ne l’étaient pas.

J’ai commencé à vendre de la pizza à l’heure du lunch à l’école pour amasser des fonds afin de soutenir les travailleurs et travailleuses des camps de réfugiés. J’ai lancé une pétition pour demander la fin de la torture dans les prisons syriennes. J’ai parlé de la situation en Syrie à la radio de mon école et j’ai publié un article dans notre journal. Après avoir présenté le travail que j’avais fait à ma classe, j’ai été choisi comme l’un des six élèves parmi les centaines qui ont participé au programme pour présenter mon projet à un public en direct au Musée en 180 secondes ou moins.

Grâce au programme, à mes enseignants et au Musée, je suis passé à l’action pour une question de droits de la personne qui me passionne et, à ma façon, j’ai rendu le monde un petit peu meilleur.

Je vous demande d’appuyer le travail du Musée et des programmes comme Revirement 180 qui permettent à des élèves comme moi – et à des milliers d’autres chaque année – de devenir des moteurs de changement et de poser des gestes pour les droits de la personne. Je sais que vous tenez aussi à rendre le monde meilleur. Verserez-vous 50 $, 100 $ ou 500 $ pour aider des élèves comme moi à faire une différence dans le monde ? Aujourd’hui plus que jamais, le monde a besoin d’une nouvelle génération de jeunes qui possèdent les compétences nécessaires pour changer les choses.

Quand j’étais très jeune, je me souviens que la Syrie était un endroit où il fait bon vivre. Mon père dirigeait une entreprise de peinture et j’aimais l’aider sur ses chantiers. Alors que la répression du gouvernement contre les appels pacifiques à la démocratie et à la liberté devenait de plus en plus brutale, il devenait difficile de nourrir notre famille ou d’imaginer un bon avenir en Syrie. Le commerce de mon père a cessé de prospérer et il a commencé à conduire un taxi, mais ce n’était pas suffisant pour survivre. Lui et moi avons commencé à travailler ensemble, à faire n’importe quoi pour survivre et à mettre de la nourriture sur la table.

Après le début de la brutalité du gouvernement, j’ai vécu des choses que personne ne devrait avoir à vivre, surtout un adolescent. On m’a tiré dessus. J’ai vu des gens se faire tuer. J’ai été témoin d’attaques contre des femmes qui ne faisaient que suivre leur religion en portant des couvre-chefs.

Toutes ces expériences de violence m’ont appris quelque chose : il ne suffit pas de soutenir les organismes d’aide qui aident à faire face aux conséquences de la violence. Nous devons mettre un terme aux massacres et aux violations des droits que j’ai connus en Syrie AVANT qu’ils ne commencent. Personne ne mérite d’être tué lors d’un rassemblement. Personne ne mérite qu’on lui arrache ses symboles religieux du corps. Personne ne mérite de vivre dans la peur constante.

Et peu importe combien de bons efforts sont déployés pour soutenir les personnes réfugiées ou même les personnes touchées par des choses comme l’intimidation et la violence dans nos écoles, cela ne réglera pas la cause profonde du problème : l’indifférence envers l’humanité des autres. Le remède à cette indifférence est une culture des droits de la personne, où tout le monde est protégé, parce que nous croyons tous et toutes que chaque personne compte. Si nous pouvons bâtir cette culture, en commençant ici même au Canada et en la répandant dans le monde entier, nous pouvons vraiment agir pour mettre fin aux types de violence que j’ai vus.

Le Musée canadien pour les droits de la personne est sur la ligne de front dans cette lutte. Chaque année, le Musée sensibilise 30 000 élèves comme moi partout au Canada et nous enseigne les droits de la personne afin que nous puissions prendre position et mettre fin aux violations des droits de la personne lorsque nous les voyons dans nos collectivités.
Un jour, ce sont ces mêmes élèves qui nous mèneront vers une nouvelle ère sur la scène internationale : une ère où les droits de la personne seront respectés partout.

Mais c’est impossible sans vous. Bien que l’avenir soit entre les mains de jeunes comme moi, il est aussi entre les vôtres – alors je vous demande d’appuyer le Musée canadien pour les droits de la personne dès maintenant. Votre soutien représente la différence entre les jeunes qui reçoivent le genre d’éducation aux droits de la personne que j’ai reçue et ceux qui ne pensent pas que ce qu’ils font est important. Je vous demande de donner ce que vous pouvez aujourd’hui pour soutenir le travail du Musée, afin que nous puissions créer ensemble une culture des droits de la personne. Et veuillez envisager de faire un don mensuel pour que nous puissions compter sur votre soutien tout au long de l’année.

Je suis passionné par les droits de la personne parce que j’ai vu ce qui se passe quand la violence devient normale et quand une culture de respect est étouffée. Et je vois mes amis nés au Canada qui sont aussi passionnés par les droits de la personne. La passion des jeunes jumelée à votre soutien et à celui de votre génération aura un impact réel. On ne peut pas y arriver sans vous. Je sais que certaines personnes sont cyniques à l’idée de prévenir les guerres ou de mettre fin à la violence de masse. Mais je crois que c’est possible. Et je pense que vous le croyez aussi.

Merci,

Omar Alkassab
élève, peintre, militant
pour les droits de la personne

P.-S. J’ai vu de mes propres yeux la violence qui s’est répandue dans toute la Syrie et qui a fait de notre pays une zone de guerre. J’ai vu un jeune mourir devant moi. J’ai vécu des choses que personne ne devrait avoir à vivre. Lorsque je suis arrivé au Canada, le Musée canadien pour les droits de la personne et son programme Revirement 180 : Orienter une injustice vers la justice m’a inspiré à passer à l’action pour faire du monde un endroit meilleur. Cela m’a aussi fait réfléchir à l’importance d’empêcher que ce genre de violence ne se reproduise en créant une culture des droits de la personne qui protège chaque personne, peu importe où elle est née, car les droits de la personne peuvent être bafoués partout. J’espère que vous ferez un don maintenant pendant que vous y réfléchissez encore. Travaillons ensemble pour faire de ce monde meilleur dont nous rêvons tous et toutes une réalité.

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Pour appuyer le travail continu du Musée canadien pour les droits de la personne, nous rendre visite en ligne à http://amisdumcdp.com/faites-un-don-maintenant/. Nous espérons que vous envisagerez de devenir un donateur mensuel régulier.