Ouverture d’une alcôve d’exposition sur l’histoire 2ELGBTQI+

Peu de gens connaissent la vérité tragique de la purge LGBT au Canada. Mais une nouvelle exposition dans la galerie Les parcours canadiens au Musée vise à changer cela.

L’alcôve intitulée Démanteler la purge LGBT au Canada révèle comment le gouvernement canadien a systématiquement identifié et expulsé les membres LGBT des forces militaires, de la Gendarmerie royale du Canada et de la fonction publique fédérale. Cette purge a ruiné des vies et des carrières.

La nouvelle exposition Démanteler la purge LGBT au Canada, dans la galerie Les parcours canadiens au Musée, présente les histoires des personnes qui ont été victimes de la purge, la manière dont elles se sont défendues et ce que cela signifie pour notre avenir.

L’histoire de la purge LGBT, qui s’est déroulée sur plusieurs décennies, est racontée chronologiquement sur les murs de l’alcôve d’exposition. Sur le mur du fond, des images en boucle montrent des pancartes de protestation des années 1970 et 1980. Dans un coin, une véritable boîte à journaux des années 1970 présente des vidéos de reportages couvrant la purge LGBT, y compris le procès qui a mis fin à cette pratique discriminatoire et les excuses officielles du gouvernement du Canada.

Trois survivant·e·s, Michelle Douglas, Todd Ross et Martine Roy, ont parlé de leurs expériences lors de l’ouverture de l’exposition au public.

« En tant que militante, j’ai appris qu’il est essentiel de mettre fin aux politiques discriminatoires, mais que ce n’est qu’une première étape, déclare Michelle. Ensuite, il faut s’engager – probablement pour toute une vie – dans un travail difficile, épuisant et formidable pour tenter d’apporter un véritable changement, un changement de culture, un changement organisationnel. »

Michelle Douglas pose avec une photo d’elle-même lorsqu’elle était une jeune femme dans les forces militaires. Pendant son service, elle était première de sa classe et avait une carrière prometteuse devant elle. Mais les politiques discriminatoires du gouvernement ont mené à un interrogatoire sur sa sexualité et à son renvoi des forces militaires.

Le procès qu’elle a intenté au gouvernement en 1992 a mis fin aux pratiques discriminatoires de la purge LGBT et est présenté dans l’exposition.

« La première chose qui m’a frappée, c’est le contexte [de l’exposition] dans un lieu très spécial, explique Michelle. Et puis je me suis vue comme une très jeune femme. J’ai pris du recul pour tout absorber et j’ai fondu en larmes. »

L’histoire de Michelle n’est que trop commune pour les personnes qui ont été cruellement congédiées pendant la purge LGBT.

Pour sa part, Martine Roy explique qu’elle était motivée à réussir dans l’armée, mais qu’elle a été renvoyée parce que sa sexualité était perçue comme une menace.

« J’ai été traumatisée. J’ai vraiment eu des moments difficiles après ça », se souvient Martine.

Martine Roy se tient à côté d’une photo d’elle-même jeune dans un véhicule militaire avec d’autres soldates. Lorsque la photo a été prise, Martine avait 19 ans et comptait bien réussir sa carrière militaire. Au lieu de cela, elle a été renvoyée en 1984 parce qu’elle était lesbienne.

Par la suite, Martine a fait carrière chez IBM, puis à la Banque TD. Dans les deux emplois, elle a mené des initiatives pour soutenir ses collègues 2ELGBTQI+ et sensibiliser l’organisation. « Au travail, on veut s’appliquer, on veut être efficace, on veut être authentique. On ne veut pas avoir à mentir sur qui on est. »

« Nos histoires doivent être racontées », ajoute-t-elle.

L’ouverture de l’alcôve d’exposition n’est que le début de la diffusion de ces histoires. Le Musée travaille directement avec des survivant·e·s de la purge et des membres de la communauté pour raconter l’histoire complète de la purge LGBT au Canada et il est en train de mettre la dernière main à la conception d’une grande exposition à ce sujet.

Lorsqu’elle ouvrira ses portes au début de l’année prochaine, Amours cachés : La purge LGBT au Canada sera la plus grande exposition jamais réalisée sur l’histoire et les droits des personnes 2ELGBTQI+ au Canada. Le Musée est également en train de créer une expo-kiosque, plus petite, sur le même sujet qui pourra se rendre dans des lieux qui ne peuvent normalement pas accueillir d’expositions muséales, tels que des centres communautaires, des centres commerciaux et des bureaux.

Si vous souhaitez participer au soutien de l’exposition Amours cachés, veuillez communiquer avec nous.